Voici la fiche pédagogique complète, conçue selon les normes de l'inspection pédagogique marocaine pour la classe de 2ème Année Baccalauréat (Séries : Physique-Chimie PC et Sciences de la Vie et de la Terre SVT).
FICHE PÉDAGOGIQUE : SUITES NUMÉRIQUES (LIMITES ET CONVERGENCE)
Matière : Mathématiques Niveau : 2ème Année du Baccalauréat (PC / SVT) Matière prérequise : Étude des fonctions numériques, continuité, limites de fonctions, suites arithmétiques et géométriques (1ère Bac). Volume horaire total : 15 Heures (Découpage sur 3 semaines à raison de 5h/semaine)
1. PLANIFICATION ET RÉPARTITION HORAIRE (15 HEURES)
Semaine
Séance
Contenu détaillé
Durée
Semaine 1
Séance 1
Limites des suites de référence (np, n, 1/np, 1/n). Notion de suite convergente/divergente.
2h
Séance 2
Limites de la suite géométrique (qn) et de la suite (nα, α∈Q∗). Opérations sur les limites.
2h
Séance 3
Applications directes : Calculs de limites et formes indéterminées.
1h
Semaine 2
Séance 4
Limites et ordre. Théorèmes de comparaison (Majorations, minoration, Théorème des gendarmes).
2h
Séance 5
Critères de convergence : Suite croissante majorée, suite décroissante minorée.
2h
Séance 6
Exercices d'application sur les théorèmes de comparaison et la monotonie.
1h
Semaine 3
Séance 7
Image d'une suite par une fonction continue : vn=f(un). Limite de un+1=f(un) et équation f(x)=x.
2h
Séance 8
Étude des suites récurrentes spécifiques : un+1=aun+b et un+1=cun+daun+b.
2h
Séance 9
Exercices de synthèse (Préparation à l'Examen National).
1h
2. OBJECTIFS ET CAPACITÉS ATTENDUES
Utiliser les limites des suites de référence et les théorèmes de comparaison pour déterminer la limite d'une suite numérique.
Utiliser les suites arithmétiques et géométriques dans l'étude de suites récurrentes de la forme un+1=aun+b et un+1=cun+daun+b.
Déterminer la limite d'une suite convergente (un) définie par un+1=f(un) avec f continue sur I et f(I)⊂I.
Modéliser et résoudre des problèmes issus d'autres domaines (biologie, physique, économie) à l'aide des suites numériques.
3. CONTENU DU COURS DÉTAILLÉ
I. Limites de suites de référence et Définitions de base
1. Définition intuitive de la limite d'une suite
Orientation Pédagogique :Toute étude théorique (utilisation des ε et N) de la notion de limite d'une suite est strictement hors programme. Une suite étant une fonction définie sur N, la notion de limite s'entend uniquement lorsque n→+∞.
Définition 1 (Suite convergente) : On dit qu'une suite (un) est convergente si elle admet une limite finiel∈R lorsque n tend vers +∞. On écrit :
limn→+∞un=l
Définition 2 (Suite divergente) : Une suite est dite divergente si elle n'est pas convergente (c'est-à-dire sa limite est +∞, −∞, ou elle n'admet pas de limite).
2. Limites des suites de référence
Orientation Pédagogique :On admet, à partir des limites de fonctions de référence vues auparavant, les limites usuelle lorsque n→+∞.
Propriété 1 (Limites infinies usuellement admises) :limn→+∞n=+∞;limn→+∞n2=+∞;limn→+∞n3=+∞;limn→+∞n=+∞
De manière générale, pour tout p∈N∗ : n→+∞limnp=+∞.
Propriété 2 (Limites nulles usuellement admises) :limn→+∞n1=0;limn→+∞n21=0;limn→+∞n1=0
De manière générale, pour tout p∈N∗ : n→+∞limnp1=0.
Démonstration :[Admis] (Justifié par le lien avec la limite des fonctions f(x) quand x→+∞).
3. Limite de la suite géométrique (qn) et de la suite (nα)
Théorème 1 (Limite de qn où q∈R) :
Si q>1, alors n→+∞limqn=+∞.
Si q=1, alors n→+∞limqn=1.
Si −1<q<1 (soit ∣q∣<1), alors n→+∞limqn=0.
Si q≤−1, la suite (qn)n'admet pas de limite.
Théorème 2 (Limite de nα avec α∈Q∗) :
Si α>0, alors n→+∞limnα=+∞.
Si α<0, alors n→+∞limnα=0.
Exemple résolu :
Calculer les limites des suites suivantes :
un=(23)n⟹limn→+∞un=+∞ car 23>1.
vn=(−32)n⟹limn→+∞vn=0 car −32<1.
4. Opérations sur les limites
Orientation Pédagogique :Les règles sur les opérations des limites finies et infinies (somme, produit, quotient) pour les fonctions s'appliquent à l'identique aux suites.
⚠️ Attention aux Formes Indéterminées (F.I.) :F.I.∈{"+∞−∞";"0×∞";"00";"∞∞"}
II. Limites et Ordre - Théorèmes de Comparaison
Orientation Pédagogique :Utiliser la forme explicite des théorèmes ci-dessous, issus directement des directives officielles.
1. Théorèmes de comparaison
Théorème 3 (Minoration et Divergence vers +∞) :
Si, à partir d'un certain rang, vn≥αun avec α>0 et n→+∞limun=+∞, alors :
limn→+∞vn=+∞
Théorème 4 (Majoration et Divergence vers −∞) :
Si, à partir d'un certain rang, vn≤αun avec α>0 et n→+∞limun=−∞, alors :
limn→+∞vn=−∞
Théorème 5 (Encadrement de la valeur absolue et Convergence) :
Si, à partir d'un certain rang, ∣vn−l∣≤αun avec α>0 et n→+∞limun=0, alors :
limn→+∞vn=l
Théorème 6 (Théorème d'encadrement dit "Des Gendarmes") :
Si, à partir d'un certain rang, vn≤un≤wn et si n→+∞limvn=n→+∞limwn=l, alors la suite (un) converge et :
limn→+∞un=l
Démonstrations :[Admis]
Visualisation TikZ : Encadrement d'une suite (Théorème des Gendarmes)
\begin{tikzpicture}[scale=1.0]
\begin{axis}[
xlabel={$n$},
ylabel={$u_n, v_n, w_n$},
xmin=0, xmax=10,
ymin=0, ymax=4,
axis lines=left,
grid=major,
legend pos=north east
]
% Suite v_n (minorante)
\addplot[mark=*, blue, domain=1:10, samples=10] {2 - 2/x};
\addlegendentry{$v_n$}
% Suite u_n (encadrée)
\addplot[mark=square*, red, domain=1:10, samples=10] {2 + cos(deg(x*3))/x};
\addlegendentry{$u_n$}
% Suite w_n (majorante)
\addplot[mark=triangle*, green!60!black, domain=1:10, samples=10] {2 + 2/x};
\addlegendentry{$w_n$}
% Ligne asymptote y = l
\addplot[dashed, black, domain=0:10] {2};
\end{axis}
\end{tikzpicture}
III. Critères de Convergence (Monotonie et Bornes)
Théorème 7 (Admis) :
Toute suite croissante et majorée est convergente.
Toute suite décroissante et minorée est convergente.
[Croissante + Majorée par M] ===> Converge vers l (avec l <= M)
[Décroissante + Minorée par m] ===> Converge vers l (avec l >= m)
⚠️ Remarque Importante :
Le théorème garantit l'existence de la limite l, mais il ne donne pas directement sa valeur exacte. Si une suite croissante est majorée par M, sa limite l vérifie l≤M (et non obligatoirement l=M).
IV. Suites de la forme vn=f(un) et un+1=f(un)
1. Image d'une suite par une fonction continue vn=f(un)
Théorème 8 :
Soit (un) une suite numérique et f une fonction continue.
Si n→+∞limun=l et si f est continue en l, alors :
limn→+∞f(un)=f(l)
2. Suites récurrentes de la forme un+1=f(un)
Théorème 9 (Limite d'une suite récurrente) :
Soit f une fonction continue sur un intervalle I telle que f(I)⊂I.
Soit la suite (un) définie par u0∈I et un+1=f(un) pour tout n∈N. Si la suite (un) est convergente vers une limite l∈I, alors l est solution de l'équation :
f(x)=x
Démonstration :[Admis selon les orientations pédagogiques]
Visualisation TikZ : Représentation graphique en toile d'araignée (Cobweb Plot)
\begin{tikzpicture}[scale=1.2]
% Axes
\draw[->] (-0.2,0) -- (4.2,0) node[right] {$x$};
\draw[->] (0,-0.2) -- (0,4.2) node[above] {$y$};
% Première bissectrice y = x
\draw[thick, gray, dashed] (0,0) -- (4,4) node[above right] {$y=x$};
% Courbe de f(x) = sqrt(2x + 3) dans [0, 4]
\draw[thick, blue, domain=0:3.8, samples=100] plot (\x, {sqrt(2*\x + 3)}) node[right] {$\mathcal{C}_f$};
% Construction de la suite (u0 = 0.5)
% u0 = 0.5
% u1 = sqrt(4) = 2
% u2 = sqrt(7) ~ 2.64
% Point fixe : x = 3
\draw[red, thick] (0.5, 0) -- (0.5, 2);
\draw[red, thick] (0.5, 2) -- (2, 2);
\draw[red, thick, dotted] (2, 0) -- (2, 2);
\draw[red, thick] (2, 2) -- (2, 2.645);
\draw[red, thick] (2, 2.645) -- (2.645, 2.645);
\draw[red, thick, dotted] (2.645, 0) -- (2.645, 2.645);
\draw[red, thick] (2.645, 2.645) -- (2.645, 2.88);
\draw[red, thick] (2.645, 2.88) -- (2.88, 2.88);
% Noeuds
\node[below] at (0.5,0) {$u_0$};
\node[below] at (2,0) {$u_1$};
\node[below] at (2.645,0) {$u_2$};
\node[below] at (3,0) {$l$};
\fill[black] (3,3) circle (2pt);
\end{tikzpicture}
4. APPLICATIONS DIRECTES (EXERCICES RÉSOLUS)
Application 1 : Calculs de limites de suites usuellement rencontrées
Calculer les limites des suites suivantes :
un=5n2+72n2−3n+1
vn=n+1−n
wn=4n+3n4n−2n
Corrigé détaillé :
Factorisation par le terme prépondérant :un=n2(5+n27)n2(2−n3+n21)=5+n272−n3+n21
Comme limn1=limn21=0, on obtient par opération : n→+∞limun=52.
Utilisation de l'expression conjuguée :vn=n+1+n(n+1−n)(n+1+n)=n+1+n(n+1)−n=n+1+n1
Comme lim(n+1+n)=+∞, on a : n→+∞limvn=0.
Suite géométrique : Factorisation par la plus grande base (4n) :wn=4n(1+(43)n)4n(1−(42)n)=1+(43)n1−(21)n
Comme 21<1 et 43<1, on a lim(21)n=0 et lim(43)n=0.
D'où : n→+∞limwn=1.
Application 2 : Application du Théorème des Gendarmes
Soit la suite (un) définie pour tout n∈N∗ par :
un=∑k=1nn2+k1=n2+11+n2+21+⋯+n2+n1
Déterminer n→+∞limun.
Corrigé détaillé :
Pour tout 1≤k≤n, on a :
n2+1≤n2+k≤n2+n
En passant à l'inverse (les termes étant strictement positifs) :
n2+n1≤n2+k1≤n2+11
En faisant la somme de ces n inégalités :
n×n2+n1≤un≤n×n2+11⟹n2+nn≤un≤n2+1n
Calculons les limites des encadrants :
limn→+∞n2+nn=limn→+∞n2n=limn→+∞n1=0
limn→+∞n2+1n=limn→+∞n2n=limn→+∞n1=0
D'après le Théorème des Gendarmes, la suite (un) converge et n→+∞limun=0.
5. EXERCICES DE SYNTHÈSE (TYPE EXAMEN NATIONAL)
Exercice de Synthèse 1 : Suite Arithmético-Géométrique (un+1=aun+b)
Soit (un) la suite numérique définie par :
u0=1etun+1=31un+2(∀n∈N)
Montrer par récurrence que pour tout n∈N, un<3.
Étudier la monotonie de la suite (un) et en déduire qu'elle est convergente.
Soit (vn) la suite auxiliaire définie par vn=un−3 pour tout n∈N.
a. Montrer que (vn) est une suite géométrique dont on précisera la raison q et le premier terme v0.
b. Exprimer vn puis un en fonction de n.
c. Calculer n→+∞limun.
On pose Sn=u0+u1+⋯+un. Exprimer Sn en fonction de n puis calculer n→+∞limSn.
Corrigé de l'Exercice 1 :
Récurrence :
Initialisation : Pour n=0, u0=1<3. La propriété est vraie.
Hérédité : Soit n∈N. Supposons un<3 et montrons que un+1<3.
un<3⟹31un<1⟹31un+2<3⟹un+1<3
Conclusion : Pour tout n∈N, un<3.
Monotonie :un+1−un=31un+2−un=−32un+2=−32(un−3)
Puisque un<3, on a un−3<0, donc un+1−un>0.
La suite (un) est donc strictement croissante. Convergence :(un) est croissante et majorée par 3, donc elle est convergente.
Étude de la suite géométrique (vn) :
a. vn+1=un+1−3=31un+2−3=31un−1=31(un−3)=31vn.
Donc (vn) est une suite géométrique de raison q=31 et de premier terme v0=u0−3=1−3=−2.
b. vn=v0×qn=−2(31)n.
Comme un=vn+3, on a : un=3−2(31)n.
c. Comme −1<31<1, limn→+∞(31)n=0.
Par conséquent, n→+∞limun=3.
Somme Sn :Sn=(v0+3)+(v1+3)+⋯+(vn+3)=(v0+v1+⋯+vn)+3(n+1)v0+v1+⋯+vn=v01−q1−qn+1=−21−311−(31)n+1=−3(1−(31)n+1)Sn=−3(1−(31)n+1)+3(n+1)
Comme lim−3(1−(31)n+1)=−3 et lim3(n+1)=+∞, on conclut par somme :
limn→+∞Sn=+∞
Exercice de Synthèse 2 : Suite Homographique (un+1=cun+daun+b)
Soit (un) la suite numérique définie par :
u0=2etun+1=un+22un+1(∀n∈N)
Montrer par récurrence que pour tout n∈N, un>1.
Soit la suite (vn) définie par vn=un+1un−1 pour tout n∈N.
a. Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison q=31.
b. Exprimer vn en fonction de n, puis montrer que un=1−vn1+vn.
c. En déduire la limite de la suite (un).
Corrigé de l'Exercice 2 :
Récurrence :
Pour n=0, u0=2>1 (Vrai).
Soit n∈N, supposons un>1.
un+1−1=un+22un+1−1=un+22un+1−un−2=un+2un−1
Puisque un>1, on a un−1>0 et un+2>0, donc un+1−1>0⟹un+1>1.
Conclusion : Pour tout n∈N, un>1.
Étude de vn :
a. vn+1=un+1+1un+1−1=un+22un+1+1un+2un−1=un+23un+3un+2un−1=3(un+1)un−1=31vn. (vn) est géométrique de raison q=31 et v0=2+12−1=31.
b. vn=v0×qn=31(31)n=(31)n+1.
Calcul de un :
vn(un+1)=un−1⟹vnun+vn=un−1⟹un(1−vn)=1+vn⟹un=1−vn1+vn
c. Comme ∣1/3∣<1, limn→+∞vn=0.
Par conséquent :
limn→+∞un=1−01+0=1
Exercice de Synthèse 3 : Suite récurrente et Fonction un+1=f(un)
Soit f la fonction numérique définie sur I=[−1,+∞[ par :
f(x)=2x+3
Étudier les variations de f sur I et montrer que f([0,3])⊂[0,3].
Soit (un) la suite définie par u0=0 et un+1=f(un) pour tout n∈N.
a. Montrer par récurrence que pour tout n∈N, 0≤un≤3.
b. Montrer que la suite (un) est croissante.
c. En déduire que (un) est convergente et calculer sa limite l.
Corrigé de l'Exercice 3 :
Variations et Image d'intervalle :f est strictement croissante sur I. f([0,3])=[f(0),f(3)]=[3,9]=[3,3]⊂[0,3].
Étude de la suite (un) :
a. Récurrence :
n=0:u0=0∈[0,3].
Supposons un∈[0,3]. Comme f est croissante, f(0)≤f(un)≤f(3)⟹3≤un+1≤3⟹0≤un+1≤3.
Conclusion : ∀n∈N, un∈[0,3].
b. Monotonie : Montrons par récurrence que un≤un+1.
u0=0 et u1=3, donc u0≤u1.
Supposons un≤un+1. Par croissance de f sur [0,3] : f(un)≤f(un+1)⟹un+1≤un+2.
La suite est donc croissante.
c. Convergence et Limite :
La suite (un) est croissante et majorée par 3, elle converge donc vers une limite l∈[0,3].
Comme f est continue sur [0,3] et f([0,3])⊂[0,3], la limite l vérifie :
f(l)=l⟺2l+3=l⟺2l+3=l2(avec l≥0)l2−2l−3=0⟹(l−3)(l+1)=0
Les solutions sont l=3 et l=−1.
Puisque l∈[0,3], la seule valeur retenue est :
limn→+∞un=3