Calcul de probabilités

#2bacsef

I. Cardinal d’un ensemble fini

Définition

Le nombre d’éléments d’un ensemble EE est appelé cardinal de EE, noté Card(E)Card(E) ou E|E|.

Exemple

  • Si A={1;2;4;7}A=\left\{1;2;4;7\right\} alors card(A)=4card\left(A\right)=4
  • B={nN /  5n19}B=\left\{n\in\mathbb{N}\ /\ \ 5\le n\le19\right\} Alors : card(B)=195+1=15card\left(B\right)=19-5+1=15

Propriété

AA et BB deux ensembles d’un ensemble finie EE

  • card(AB)=card(A)+card(B)card(AB)card\left(A\cup B\right)=card\left(A\right)+card\left(B\right)-card\left(A\cap B\right)
  • card(A)=cardEcard(A)card\left(\overline{A}\right)=cardE-card\left(A\right)
ABAB
ABAB
A¯AE

Exemple

Dans une association sportive de 100 membres, 40 personnes font du football et 30 font du basketball. Combien pratiquent les deux sports sachant que tout le monde en pratique au moins un ?

Correction

  • Ω\Omega l’ensemble des membres de l’association on a Ω=FG\Omega=F\cup G et card(Ω)=100card(\Omega)=100
  • FF l’ensemble des membres qui pratiquent le football on a card(F)=40card(F)=40
  • BB l’ensemble des membres qui pratiquent le basket-ball on a card(B)=30card(B)=30
  • FBF\cap B l’ensemble des membres qui pratiquent les deux sports

On a

card(FG)=card(F)+card(G)card(FG)card\left(F\cup G\right)=card\left(F\right)+card\left(G\right)-card\left(F\cap G\right)

Donc :

card(FG)=card(FG)card(F)card(G)=1004030=30\begin{align*} card\left(F\cap G\right)&=card\left(F\cup G\right)-card\left(F\right)-card\left(G\right)\\&=100-40-30=30 \end{align*}

II. Le dénombrement

1) « Principe fondamental du dénombrement »

Considérons pp choix si : \begin{itemize}

  • le premier choix se fait de n1n_1 méthodes
  • le deuxième choix se fait de n2n_2 méthodes
  •         ~~~~~~~~\vdots               ~~~~~~~~~~~~~~ \vdots
  • le choix pp se fait de npn_p méthodes

Le nombre de méthodes de ce choix est :

n1×n2××npn_1\times n_2\times\cdot\cdot\cdot\times n_p

Application et exemple

Voir les urnes suivantes :

123urne1
VRurne2
aburne3

Ahmed veut choisir trois boules (une boule de chaque urne) ; combien de choix possibles ?


Ahmed a :

  • 3 choix possibles pour l’une 1
  • 2 choix possibles de l’urne 2
  • 2 choix possible de l’urne 3

D’après le principe fondamental du dénombrement : Le nombre de choix possibles est : 2×3×2=122\times3\times2=12

Pratiquement les choix possibles sont :

Début1VabRab2VabRab3VabRab

2) Les arrangements

Soient n;pN  n;p\in\mathbb{N}\ \ avec (1pn)\left(1\le p\le n\right)

Le nombre d’arrangements de p éléments parmi n éléments est : Anp=n(n1)(np+1)A_n^p=n(n-1)\cdot\cdot\cdot\left(n-p+1\right)


Exemple

Combien de nombres composés de 2 chiffres à partir des chiffres 1, 3 et 4 « le chiffre ne se répète pas dans le nombre crée»

Correction : C’est le nombre d’arrangements de 2 chiffres parmi 3 chiffres donc : A32=3×2=6A_3^2=3\times2=6

3) Les permutations

Chaque arrangement de n éléments parmi n s’appelle permutation de n éléments

Le nombre de permutations de nn éléments est : n!=1×2×3××nn!=1\times2\times3\times\cdot\cdot\cdot\times n


Exemple

De combien de méthodes différentes on peut distribuer 3 personnes A, B et C à trois chaises numérotées de 1 à 3

Correction 3!=3×2×1=63!=3\times2\times1=6

4) Les combinaisons

EE ensemble tel que card(E)=ncard(E)=n

Chaque partie de EE contient pp éléments (pn)\left(p\le n\right) cette partie s’appelle combinaison de pp éléments parmi nn éléments

Propriété

Le nombre de combinaisons de p éléments parmi n éléments (pn)\left(p\le n\right) est : Cnp=n!p!(np)!C_n^p=\dfrac{n!}{p!\left(n-p\right)!}


Exemple

Une caisse contient 4 boules rouges 3 boules noires

on tire de la caisse 3 boules simultanément

  1. Quel est le nombre de tirages possibles
  2. Quel est le nombre de tirages pour qu’il y ait parmi les boules tirées strictement une boule
  3. Quel est le nombre de tirages pour qu’il y ait parmi les boules tirées au moins une boule rouge

Correction

  1. Chaque tirage est une combinaison de 3 boules parmi 7

    Le nombre de tirages possibles est : C73C_7^3

  2. une boule rouge et deux boules noires : C41×C32C_4^1\times C_3^2

  3. « une boule rouge et deux boules noires »

    ou « deux boules rouges et une noire »

    ou « 3 boules rouges »

    C41×C32+C42×C31+C43C_4^1\times C_3^2+C_4^2\times C_3^1+C_4^3

Exercice

Une urne contient : quatre boules noires et 3 blanches, Déterminer Le nombres de cas possibles

  1. Si on tire 3 boules de la caisse Successivement sans remise
  2. Si on tire 3 boules de la caisse Successivement avec remise
  3. Si on tire 3 boules de la caisse simultanément

Correction

  1. Si on tire 3 boules de la caisse Successivement sans remise

    Le nombres de cas possibles est :

    7×6×5=A737\times6\times5=A_7^3
  2. Si on tire 3 boules de la caisse Successivement avec remise

    Le nombres de cas possibles est :

    7×7×7=737\times7\times7=7^3
  3. Si on tire 3 boules de la caisse simultanément

    Le nombres de cas possibles est :

    C73=A733!=7×6×53×2×1=35C_7^3=\frac{A_7^3}{3!}=\frac{7\times6\times5}{3\times2\times1}=35

De manière générale :

Soient n,pN\mathbf{n}, \mathbf{p} \in \mathbb{N} avec (1pn)\left(1 \le \mathbf{p} \le \mathbf{n} \right).

On tire pp boules d’une caisse qui contient nn boules.

Type de tirage Successivement sans remise Successivement avec remise Simultanément
L’ordre est important oui oui non
Nombre de cas possibles AnpA_n^p npn^p CnpC_n^p

III. Calcul de probabilités

  1. L’Expérience Aléatoire
    C’est une expérience dont le résultat peut changer à chaque répétition de l’expérience.

  2. L’éventualité
    C’est chaque résultat possible.

  3. Univers des éventualités
    C’est l’ensemble de toutes les éventualités possibles. On le note Ω\Omega.

  4. L’évènement
    C’est une partie de Ω\Omega.

  5. Réalisation d’un évènement
    C’est quand le résultat de l’expérience appartient à l’évènement.

  6. L’évènement certain
    C’est : Ω\Omega
    Car le résultat de l’expérience appartient toujours à Ω\Omega.

  7. L’évènement impossible
    C’est : \emptyset
    Car jamais le résultat n’appartient à \emptyset.

  8. L’évènement élémentaire
    C’est un évènement se composant d’un unique élément.

  9. L’évènement contraire
    L’évènement AA est contraire à l’évènement BB signifie :

    AB=etAB=ΩA \cap B = \emptyset \quad \text{et} \quad A \cup B = \Omega

    L’un des deux se réalise obligatoirement.
    On note : B=A\overline{B} = A ou A=B\overline{A} = B.

  10. Compatibilité de deux évènements
    Les deux évènements AA et BB sont non compatibles signifie :

    AB=A \cap B = \emptyset

    C’est-à-dire que les deux évènements ne peuvent pas se réaliser en même temps.

  11. Probabilité de l’évènement élémentaire
    Supposons que :

    Ω={a1,a2,,an},pi[0,1],i=1npi=1\Omega = \{ a_1, a_2, \ldots, a_n \}, \quad p_i \in [0,1], \quad \sum_{i=1}^{n} p_i = 1

    On pose : p({ai})=pip(\{ a_i \}) = p_i

    • pp s’appelle probabilité
    • pip_i est la probabilité de l’évènement élémentaire
    • La paire (Ω,P)(\Omega, P) s’appelle espace probabilisé fini

✳️ Eemple

On jete un dé 🎲 équilibré (non truqué), c’est-à-dire que :

  • Chaque face du dé a une probabilité égale d’apparaître.
  • L’expérience peut produire un résultat différent à chaque lancer.

donc on a :

  1. Jeter un dé est une expérience aléatoire.

  2. L’apparition du numéro 1 est une éventualité.
    L’apparition du numéro 4 est une éventualité.

  3. Ω={1,2,3,4,5,6}\Omega = \{1, 2, 3, 4, 5, 6\}

  4. L’événement CC : « obtenir un nombre impair »
    C={1,3,5}C = \{1, 3, 5\}

  5. Si le résultat est 3, alors l’événement CC est réalisé.

  6. L’événement DD : « obtenir un nombre inférieur à 7 »
    D=ΩD = \Omega

  7. L’événement EE : « obtenir un nombre supérieur à 8 »
    E=E = \emptyset

  8. L’événement FF : « obtenir un nombre impair supérieur à 4 »
    F={5}F = \{5\}

  9. L’événement GG : « obtenir un nombre pair »
    G={2,4,6}G = \{2, 4, 6\}
    CG=ΩC \cup G = \Omega
    CG=C \cap G = \emptyset
    Donc : CC et GG sont contraires.

  10. Ω={1,2,3,4,5,6}\Omega = \{1, 2, 3, 4, 5, 6\}

    P(1)=16,P(2)=16,P(3)=16,P(4)=16,P(5)=16,P(6)=16\begin{aligned} &P(1) = \frac{1}{6}, \quad P(2) = \frac{1}{6}, \quad P(3) = \frac{1}{6}, \\ &P(4) = \frac{1}{6}, \quad P(5) = \frac{1}{6}, \quad P(6) = \frac{1}{6} \end{aligned}
  11. P(C)=P(1)+P(3)+P(5)P(C) = P(1) + P(3) + P(5)
    P(C)=16+16+16=36P(C) = \frac{1}{6} + \frac{1}{6} + \frac{1}{6} = \frac{3}{6}

  12. Probabilité d’un événement
    La probabilité d’un événement AA est la somme des probabilités de ses événements élémentaires.
    On la note : P(A)P(A)


📝 Remarques

  1. P(Ω)=1P(\Omega) = 1 ,  P()=0P(\emptyset) = 0
  2. Si toutes les probabilités des événements élémentaires sont égales, alors :
    P(A)=card(A)card(Ω)P(A) = \frac{\text{card}(A)}{\text{card}(\Omega)}

✔️ Exemple

Dans l’exemple précédent :

  • P(1)=P(2)=P(3)=P(4)=P(5)=P(6)=16P(1) = P(2) = P(3) = P(4) = P(5) = P(6) = \frac{1}{6}
  • P(C)=P(1)+P(3)+P(5)=16+16+16=36P(C) = P(1) + P(3) + P(5) = \frac{1}{6} + \frac{1}{6} + \frac{1}{6} = \frac{3}{6}

    ou bien :

    P(C)=card(C)card(Ω)=36P(C) = \frac{\text{card}(C)}{\text{card}(\Omega)} = \frac{3}{6}

Propriété opérations sur la probabilité

  • P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P\left(A\cup B\right)=P\left(A\right)+P\left(B\right)-P\left(A\cap B\right)
  • P(A)=1P(A)P\left(\overline{A}\right)=1-P\left(A\right)
  • P(AB)=P(A)P(AB)P\left(A-B\right)=P\left(A\right)-P\left(A\cap B\right)
BAΩABABBA

IV. La probabilité conditionnel

Propriété

A et B deux évènements tel que P(A)0P\left(A\right)\neq0

PA(B)P_A\left(B\right) est la probabilité de B sachant que A est réalisé

  • PA(B)=P(AB)P(A)P_A\left(B\right)=\dfrac{P\left(A\cap B\right)}{P\left(A\right)}
  • P(AB)=P(A)×PA(B)P\left(A\cap B\right)=P\left(A\right)\times P_A\left(B\right)

📌 Remarques

  1. Si toutes les probabilités des événements élémentaires sont égales, alors :
    PA(B)=card(AB)card(A)P_A\left(B\right) = \frac{\text{card}\left(A \cap B\right)}{\text{card}(A)}

  2. Si :

    P(AB)=P(A)×P(B)P\left(A \cap B\right) = P\left(A\right) \times P\left(B\right)

    Cela signifie :

    PA(B)=P(B)P_A\left(B\right) = P\left(B\right)

    Alors : AA et BB sont deux événements indépendants.


V. 🎲 Variables Aléatoires

Définition

Une variable aléatoire est une application XX de l’univers des événements Ω{\Omega} vers l’ensemble des réels R\mathbb{R}.

X:ΩRX: {\Omega} \rightarrow \mathbb{R}

1) Loi de Probabilité de la Variable Aléatoire

C’est l’application ff définie par :

f:X(Ω)Rf: X\left({\Omega}\right) \rightarrow \mathbb{R}
xiP(X=xi)x_i \mapsto P\left(X = x_i\right)

2) Moyennes d’une Variable Aléatoire

  • Espérance mathématique :

    E(X)=i=1nPiXiE(X) = \sum_{i=1}^{n} P_i X_i
  • Variance :

    V(X)=i=1nPi(XiE(X))2=E(X2)(E(X))2V(X) = \sum_{i=1}^{n} P_i \left( X_i - E(X) \right)^2 = E(X^2) - \left(E(X)\right)^2
  • Écart type :

    σ(X)=V(X)\sigma(X) = \sqrt{V(X)}

3) 🎲 Variable Aléatoire Binomiale

Proposition

  1. Soit AA un événement de probabilité pp dans une expérience aléatoire.
    Si cette expérience est répétée nn fois, alors la probabilité de la réalisation de AA exactement kk fois (avec knk \leq n) est donnée par :

    Cnkpk(1p)nk(disjonction des probabiliteˊs)C_n^k p^k (1-p)^{n-k} \quad \text{(disjonction des probabilités)}
  2. Soit XX le nombre de fois où l’événement AA se réalise.
    XX suit une variable aléatoire binomiale de paramètres nn et pp, notée :

    XB(n,p)X \sim B(n, p)

Propriétés de la Loi Binomiale

  • P(X=k)=Cnkpk(1p)nkP(X = k) = C_n^k p^k (1-p)^{n-k}
  • E(X)=npE(X) = np
  • V(X)=np(1p)V(X) = np(1-p)

🎯 Exercice

Une caisse contient 5 boules blanches, 12 noires et 3 rouges.
On tire 8 boules successivement avec remise.

  1. Considérons l’événement BB : « obtenir strictement 6 boules blanches ».
    Calculer : P(B)P(B)
  2. Considérons : XX le nombre de fois que la boule blanche apparaît.
    Calculer : P(X=6)P(X = 6), E(X)E(X), V(X)V(X)

Correction

  • L’expérience est le tirage d’une boule.
  • L’expérience est répétée n=8n = 8 fois.
  • Soit AA : « obtenir une boule blanche »
  • Soit BB : « réalisation de AA exactement k=6k = 6 fois »

On a : P(A)=520=14P(A) = \frac{5}{20} = \frac{1}{4}

Donc :

P(B)=P(X=6)=C86(14)6(114)86=C86(14)6(34)2\begin{align*} P(B) &= P(X = 6) \\ &= C_8^6 \left(\frac{1}{4}\right)^6 \left(1 - \frac{1}{4}\right)^{8 - 6} \\&= C_8^6 \left(\frac{1}{4}\right)^6 \left(\frac{3}{4}\right)^2 \end{align*}

XX suit une loi binomiale de paramètres n=8n = 8, p=14p = \frac{1}{4}.

XB(8,14)X \sim B\left(8, \frac{1}{4}\right)

Ainsi :

  • P(X=6)=C86p6(1p)2P(X = 6) = C_8^6 \cdot p^6 \cdot (1 - p)^2
  • E(X)=8×14=2E(X) = 8 \times \frac{1}{4} = 2
  • V(X)=8×14×(114)=32V(X) = 8 \times \frac{1}{4} \times \left(1 - \frac{1}{4}\right) = \frac{3}{2}

🎯 Interprétation directe par dénombrement

  • q=R ou N{q = \text{R ou N}} : le nombre total de boules non blanches est 1515.
  • Ω=208|\Omega| = 20^8 (nombre total de tirages possibles à 8 boules avec remise)
  • Nombre de cas favorables :
    card(B)=C8656152\text{card}(B) = C_8^6 \cdot 5^6 \cdot 15^2

Donc :

P(B)=C8656152208=C86(520)6(1520)2\begin{align*} P(B) &= \frac{C_8^6 \cdot 5^6 \cdot 15^2}{20^8} \\&= C_8^6 \left(\frac{5}{20}\right)^6 \left(\frac{15}{20}\right)^2 \end{align*}

VI. Arbres de probabilité

Définition

Un arbre de probabilité est une représentation graphique d’une expérience aléatoire composée de plusieurs étapes. Chaque branche correspond à un résultat possible à une étape, et est associée à une probabilité.


Règles d’un arbre

  • La somme des probabilités issues d’un même nœud est égale à 1.
  • La probabilité d’un chemin (ou d’un événement) est le produit des probabilités le long des branches suivies.