définition
Une proposition (Assertion) est une phrase soit vraie, soit fausse, pas les deux en même temps et se note souvent P, Q, R …
Exemples
« Il pleut. »
« Je suis plus grand que toi. »
« 2 + 2 = 4 »
« 2 × 3 = 7 »
remarque
Soit P une proposition
Si P est vraie, on dit alors que la valeur de vérité de P est « Vrai » et se note « V »
Si P est fausse, on dit alors que la valeur de vérité de P est « faux » et se note « F ».
Table de vérité
P
V
F
ou
P
1
0
2) Opérations sur les propositions
Si P est une assertion et Q est une autre assertion, nous allons définir de nouvelles assertions construites à partir de P et de Q.
a) Négation
définition
La négation de la proposition P est la proposition « non P » ou P ou ¬P est vraie si P est fausse, et fausse si P est vraie.
P
V
F
non P
F
V
Table de vérité de P
Symbole
Négation
=
≠
≤
>
≥
<
∈
∉
b) conjonction, disjonction, implication et équivalence
La conjonction notée P et Q ou P∧Q de deux assertions P et Q est une assertion qui est vraie si et seulement si P et Q sont toutes les deux vraies.
La disjonction notée P ou Q ou P∨Q de deux assertions P et Q est une assertion qui est vraie si P ou Q (ou les deux) est vraie.
L’implication notée P⟹Q est l’assertion P implique Q.
L’implication est fausse si et seulement si P est vraie et Q est fausse.
remarque
Si P est fausse (c-à-d Pˉ est vraie), alors l’assertion P⟹Q est toujours vraie.
L’équivalence est définie par : P⟺Q est l’assertion (P⟹Q) et (Q⟹P).
Exemples
0≤x≤25⟹x≤5 est vraie.
x∈]−∞,−4[⟹x2+3x−4>0 est vraie.
sin(θ)=0⟹θ=0 est fausse.
2+2=5⟹2=2 est vraie ! Eh oui, si P est fausse alors l’assertion P⟹Q est toujours vraie.
Pour x,x′∈R, l’équivalence x⋅x′=0⟺(x=0 ou x′=0) est vraie.
Voici une équivalence toujours fausse : P⟺non(P).
3) Proposition: Lois de Morgan
non(P et Q)⟺(non P) ou (non Q)
non(P ou Q)⟺(non P) et (non Q)
Proposition
Soient P,Q,R trois assertions.
Nous avons les équivalences (vraies) suivantes :
P⟺ non(non(P))
(P et Q)⟺(Q et P)
(P ou Q)⟺(Q ou P)
(P et (Q ou R))⟺(P et Q) ou (P et R)
(P ou (Q et R))⟺(P ou Q) et (P ou R)
P⟹Q⟺non(Q)⟹non(P)
4) Fonction propositionnelle
définition
Une assertion P qui dépend d’un paramètre ou plusieurs s’appelle fonction propositionnelle.
remarque
Si P dépend d’un paramètre x, on a l’assertion P(x) qui est vraie ou fausse selon la valeur de x.
Exemples
P(x):x∈R, x2≥1 est une fonction propositionnelle.
Q(x,y):x,y∈R, x2+y2=4 est une fonction propositionnelle.
P(2) et Q(2,2) sont vraies, tandis que P(0) et Q(1,2) sont fausses.
5) Les quantificateurs
a) Le quantificateur ∀ : pour tout
L’assertion : ∀x∈EP(x) est vraie lorsque les assertions P(x) sont vraies pour tous les éléments x de l’ensemble E.
Exemples
∀x∈[1,+∞[(x2≥1) est vraie.
∀x∈R(x2≥1) est fausse (voir si x=21).
∀n∈Nn(n+1) est divisible par 2 est vraie.
b) Le quantificateur ∃ : il existe
L’assertion : ∃x∈EP(x) est vraie lorsque l’on peut trouver au moins un x de E pour lequel P(x) est vraie.
Exemples
∃x∈R(x(x−1)<0) est vraie (par exemple x=21 vérifie bien la propriété).
∃n∈Nn2−n>n est vraie.
∃x∈R(x2=−1) est fausse (aucun réel au carré ne donnera un nombre négatif).
c) La négation des quantificateurs
La négation de ∀x∈EP(x) est ∃x∈EP(x).
La négation de ∃x∈EP(x) est ∀x∈EP(x).
Exemples
La négation de ∀x∈[1,+∞[(x2≥1) est ∃x∈[1,+∞[(x2<1).
La négation de ∃z∈R(z2+z+1=0) est ∀z∈R(z2+z+1=0).
La négation de ∀x∈R(x+1∈Z) est ∃x∈R(x+1∈/Z).
remarque
L’ordre des quantificateurs est très important. Par exemple, ∀x∈N,∃y∈N,(x<y) est vrai, tandis que ∃y∈N,∀x∈N,(x<y) est faux.
II. Raisonnements
1) Raisonnement direct
On veut montrer que l’assertion P⟹Q est vraie.
On suppose que P est vraie et on montre qu’alors Q est vraie.
Exemple
Montrer que : n∈N est pair ⟹n2 est pair.
Solution
Supposons que n est pair et montrons que n2 est pair.
On a que n est pair, donc ∃p∈N tel que : n=2p.
Donc n2=(2p)2=4p2=2×2p2=2k avec k=2p2∈N.
Et par suite, n2 est pair.
D’où : n∈N est pair ⟹n2 est pair.
2) Raisonnement par disjonction des cas
Si l’on souhaite vérifier une assertion P(x) pour tous les x dans un ensemble E, on montre l’assertion pour les x dans une partie A de E, puis pour les x n’appartenant pas à A.
C’est la méthode de disjonction ou du cas par cas.
Exemple
Montrer que pour tout x∈R, ∣x−1∣≤x2−x+1.
Preuve
Soit x∈R. Nous distinguons deux cas.
Premier cas : x≥1.
Alors ∣x−1∣=x−1.
Calculons alors x2−x+1−∣x−1∣.
x2−x+1−∣x−1∣=x2−x+1−(x−1)=x2−2x+2=(x−1)2+1≥0
Ainsi, x2−x+1−∣x−1∣≥0 et donc x2−x+1≥∣x−1∣.
Deuxième cas : x<1.
Alors ∣x−1∣=−(x−1).
Nous obtenons :
x2−x+1−∣x−1∣=x2−x+1+(x−1)=x2≥0
Et donc, x2−x+1≥∣x−1∣.
Conclusion :
Dans tous les cas, ∣x−1∣≤x2−x+1.
3) Contraposée
Le raisonnement par contraposition est basé sur l’équivalence suivante :
L’assertion P⟹Q est équivalente à non(Q)⟹non(P).
Donc, si l’on souhaite montrer l’assertion P⟹Q, on montre en fait que si non(Q) est vraie, alors non(P) est vraie.
Exemple
Soit n∈N. Montrer que si n2 est pair alors n est pair.
Solution
Nous supposons que n n’est pas pair. Nous voulons montrer qu’alors n2 n’est pas pair.
Comme n n’est pas pair, il est impair et donc il existe k∈N tel que n=2k+1.
Alors,
n2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2ℓ+1avecℓ=(2k2+2k)∈N.
Et donc n2 est impair.
Conclusion : Nous avons montré que si n est impair alors n2 est impair.
Par contraposition, ceci est équivalent à :
si n2 est pair alors n est pair.
4) Absurde
Le raisonnement par l’absurde
pour montrer P⟹Q repose sur le principe suivant :
on suppose à la fois que P est vraie et que Q est fausse et on cherche une contradiction.
Ainsi, si P est vraie, alors Q doit être vraie et donc P⟹Q est vraie.
Exemple
Soient a,b≥0. Montrer que si 1+ba=1+ab, alors a=b.
Solution
Nous raisonnons par l’absurde en supposant que 1+ba=1+ab et a=b.
Comme 1+ba=1+ab,
alors a(1+a)=b(1+b).
Donc a+a2=b+b2 d’où a2−b2=b−a.
Cela conduit à (a−b)(a+b)=−(a−b).
Comme a=b, alors a−b=0 et donc en divisant par a−b, on obtient a+b=−1.
La somme des deux nombres positifs a et b ne peut être négative.
Nous obtenons une contradiction.
Conclusion : Si 1+ba=1+ab, alors a=b.
5) Raisonnement par équivalence
Le raisonnement par équivalence repose sur le principe suivant : pour montrer que P est vrai, on montre que P⟺Q est vrai et Q est vrai, donc on déduit que P est vrai.