Notions en logique

#1bacsef

I. Logique

1) Proposition

définition
Une proposition (Assertion) est une phrase soit vraie, soit fausse, pas les deux en même temps et se note souvent P, Q, R …

Exemples

  • « Il pleut. »
  • « Je suis plus grand que toi. »
  • « 2 + 2 = 4 »
  • « 2 × 3 = 7 »

remarque
Soit P une proposition

  • Si P est vraie, on dit alors que la valeur de vérité de P est « Vrai » et se note « V »
  • Si P est fausse, on dit alors que la valeur de vérité de P est « faux » et se note « F ».

Table de vérité

P
V
F
ou
P
1
0

2) Opérations sur les propositions

Si P est une assertion et Q est une autre assertion, nous allons définir de nouvelles assertions construites à partir de P et de Q.

a) Négation

définition

La négation de la proposition P est la proposition « non P » ou P\overline{P} ou ¬P\neg P est vraie si P est fausse, et fausse si P est vraie.

P V F
non P F V

Table de vérité de P\overline{P}

Symbole Négation
=
>
<

b) conjonction, disjonction, implication et équivalence

  • La conjonction notée P et QP \text{ et } Q ou PQP \land Q de deux assertions P et Q est une assertion qui est vraie si et seulement si P et Q sont toutes les deux vraies.
  • La disjonction notée P ou QP \text{ ou } Q ou PQP \lor Q de deux assertions P et Q est une assertion qui est vraie si P ou Q (ou les deux) est vraie.
  • L’implication notée P    QP \implies Q est l’assertion PP implique QQ.
    L’implication est fausse si et seulement si P est vraie et Q est fausse.

remarque

Si P est fausse (c-à-d Pˉ\bar{P} est vraie), alors l’assertion P    QP \implies Q est toujours vraie.

  • L’équivalence est définie par :
    P    QP \iff Q est l’assertion (P    Q)(P \implies Q) et (Q    P)(Q \implies P).

Exemples

  • 0x25x50 \le x \le 25 \Longrightarrow \sqrt{x} \le 5 est vraie.
  • x],4[    x2+3x4>0x \in ]-\infty, -4[ \implies x^2+3x-4 > 0 est vraie.
  • sin(θ)=0    θ=0\sin(\theta)=0 \implies \theta = 0 est fausse.
  • 2+2=5    2=22+2=5 \implies \sqrt{2} = 2 est vraie ! Eh oui, si PP est fausse alors l’assertion P    QP \implies Q est toujours vraie.
  • Pour x,xRx,x' \in \mathbb{R}, l’équivalence xx=0    (x=0 ou x=0)x \cdot x' = 0 \iff (x = 0 \text{ ou } x' = 0) est vraie.
  • Voici une équivalence toujours fausse : P    non(P)P \iff \text{non}(P).

3) Proposition: Lois de Morgan

  1. non(P et Q)    (non P) ou (non Q)\text{non}(P \text{ et } Q) \iff (\text{non } P) \text{ ou } (\text{non } Q)
  2. non(P ou Q)    (non P) et (non Q)\text{non}(P \text{ ou } Q) \iff (\text{non } P) \text{ et } (\text{non } Q)

Proposition

Soient P,Q,RP, Q, R trois assertions. Nous avons les équivalences (vraies) suivantes :

  1. P     non(non(P))P \iff \text{ non}(\text{non}(P))
  2. (P et Q)    (Q et P)(P \text{ et } Q) \iff (Q \text{ et } P)
  3. (P ou Q)    (Q ou P)(P \text{ ou } Q) \iff (Q \text{ ou } P)
  4. (P et (Q ou R))    (P et Q) ou (P et R)(P \text{ et } (Q \text{ ou } R)) \iff (P \text{ et } Q) \text{ ou } (P \text{ et } R)
  5. (P ou (Q et R))    (P ou Q) et (P ou R)(P \text{ ou } (Q \text{ et } R)) \iff (P \text{ ou } Q) \text{ et } (P \text{ ou } R)
  6. P    Q    non(Q)    non(P)P \implies Q \iff \text{non}(Q) \implies \text{non}(P)

4) Fonction propositionnelle

définition

Une assertion P qui dépend d’un paramètre ou plusieurs s’appelle fonction propositionnelle.

remarque

Si P dépend d’un paramètre x, on a l’assertion P(x)P(x) qui est vraie ou fausse selon la valeur de xx.

Exemples

  • P(x):xRP(x): x \in \mathbb{R}, x21x^2 \ge 1 est une fonction propositionnelle.
  • Q(x,y):x,yRQ(x,y): x,y \in \mathbb{R}, x2+y2=4x^2 + y^2 = 4 est une fonction propositionnelle.

P(2)P(2) et Q(2,2)Q(2,2) sont vraies, tandis que P(0)P(0) et Q(1,2)Q(1,2) sont fausses.

5) Les quantificateurs

a) Le quantificateur \forall : pour tout

L’assertion : xEP(x)\forall x \in E \quad P(x) est vraie lorsque les assertions P(x)P(x) sont vraies pour tous les éléments xx de l’ensemble EE.

Exemples

  • x[1,+[(x21)\forall x \in [1,+\infty[ \quad (x^2 \ge 1) est vraie.
  • xR(x21)\forall x \in \mathbb{R} \quad (x^2 \ge 1) est fausse (voir si x=12x = \frac{1}{2}).
  • nNn(n+1) est divisible par 2\forall n \in \mathbb{N} \quad n(n+1) \text{ est divisible par } 2 est vraie.

b) Le quantificateur \exists : il existe

L’assertion : xEP(x)\exists x \in E \quad P(x) est vraie lorsque l’on peut trouver au moins un xx de EE pour lequel P(x)P(x) est vraie.

Exemples

  • xR(x(x1)<0)\exists x \in \mathbb{R} \quad (x(x-1) < 0) est vraie (par exemple x=12x = \frac{1}{2} vérifie bien la propriété).
  • nNn2n>n\exists n \in \mathbb{N} \quad n^2 - n > n est vraie.
  • xR(x2=1)\exists x \in \mathbb{R} \quad (x^2 = -1) est fausse (aucun réel au carré ne donnera un nombre négatif).

c) La négation des quantificateurs

  • La négation de xEP(x)\forall x \in E \quad P(x) est xEP(x)\exists x \in E \quad \overline{P(x)}.
  • La négation de xEP(x)\exists x \in E \quad P(x) est xEP(x)\forall x \in E \quad \overline{P(x)}.

Exemples

  • La négation de x[1,+[(x21)\forall x \in [1,+\infty[ \quad (x^2 \ge 1) est x[1,+[(x2<1)\exists x \in [1,+\infty[ \quad (x^2 < 1).
  • La négation de zR(z2+z+1=0)\exists z \in \mathbb{R} \quad (z^2 + z + 1 = 0) est zR(z2+z+10)\forall z \in \mathbb{R} \quad (z^2 + z + 1 \neq 0).
  • La négation de xR(x+1Z)\forall x \in \mathbb{R} \quad (x + 1 \in \mathbb{Z}) est xR(x+1Z)\exists x \in \mathbb{R} \quad (x + 1 \notin \mathbb{Z}).

remarque

  • L’ordre des quantificateurs est très important. Par exemple, xN,yN,(x<y)\forall x \in \mathbb{N}, \exists y \in \mathbb{N}, (x < y) est vrai, tandis que yN,xN,(x<y)\exists y \in \mathbb{N}, \forall x \in \mathbb{N}, (x < y) est faux.

II. Raisonnements

1) Raisonnement direct

On veut montrer que l’assertion P    QP \implies Q est vraie.
On suppose que PP est vraie et on montre qu’alors QQ est vraie.

Exemple

Montrer que : nNn \in \mathbb{N} est pair     n2\implies n^2 est pair.

Solution

Supposons que nn est pair et montrons que n2n^2 est pair.

On a que nn est pair, donc pN\exists p \in \mathbb{N} tel que : n=2pn = 2p.

Donc n2=(2p)2=4p2=2×2p2=2kn^2 = (2p)^2 = 4p^2 = 2 \times 2p^2 = 2k avec k=2p2Nk = 2p^2 \in \mathbb{N}.

Et par suite, n2n^2 est pair.

D’où : nNn \in \mathbb{N} est pair     n2\implies n^2 est pair.

2) Raisonnement par disjonction des cas

Si l’on souhaite vérifier une assertion P(x)P(x) pour tous les xx dans un ensemble EE, on montre l’assertion pour les xx dans une partie AA de EE, puis pour les xx n’appartenant pas à AA.

C’est la méthode de disjonction ou du cas par cas.

Exemple

Montrer que pour tout xRx \in \mathbb{R}, x1x2x+1|x-1| \le x^2 - x + 1.

Preuve

Soit xRx \in \mathbb{R}. Nous distinguons deux cas.

  • Premier cas : x1x \ge 1.

Alors x1=x1|x-1| = x-1.

Calculons alors x2x+1x1x^2 - x + 1 - |x-1|.

x2x+1x1=x2x+1(x1)=x22x+2=(x1)2+10\begin{align*} x^2 - x + 1 - |x-1| &= x^2 - x + 1 - (x-1) \\ &= x^2 - 2x + 2 \\ &= (x-1)^2 + 1 \ge 0 \end{align*}

Ainsi, x2x+1x10x^2 - x + 1 - |x-1| \ge 0 et donc x2x+1x1x^2 - x + 1 \ge |x-1|.

  • Deuxième cas : x<1x < 1.

Alors x1=(x1)|x-1| = -(x-1).
Nous obtenons :

x2x+1x1=x2x+1+(x1)=x20\begin{align*} x^2 - x + 1 - |x-1| &= x^2 - x + 1 + (x-1) \\ &= x^2 \ge 0 \end{align*}

Et donc, x2x+1x1x^2 - x + 1 \ge |x-1|.

  • Conclusion :

Dans tous les cas, x1x2x+1|x-1| \le x^2 - x + 1.

3) Contraposée

Le raisonnement par contraposition est basé sur l’équivalence suivante :

L’assertion P    QP \implies Q est équivalente à non(Q)    non(P)\text{non}(Q) \implies \text{non}(P).

Donc, si l’on souhaite montrer l’assertion P    QP \implies Q, on montre en fait que si non(Q)\text{non}(Q) est vraie, alors non(P)\text{non}(P) est vraie.

Exemple

Soit nNn \in \mathbb{N}. Montrer que si n2n^2 est pair alors nn est pair.

Solution

Nous supposons que nn n’est pas pair. Nous voulons montrer qu’alors n2n^2 n’est pas pair.
Comme nn n’est pas pair, il est impair et donc il existe kNk \in \mathbb{N} tel que n=2k+1n = 2k + 1.
Alors,

n2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2+1avec=(2k2+2k)N.\begin{align*} n^2 &= (2k + 1)^2 \\ &= 4k^2 + 4k + 1 \\ &= 2\ell + 1 \quad \text{avec} \quad \ell = (2k^2 + 2k) \in \mathbb{N}. \end{align*}

Et donc n2n^2 est impair.

Conclusion : Nous avons montré que si nn est impair alors n2n^2 est impair.

Par contraposition, ceci est équivalent à :

si n2n^2 est pair alors nn est pair.

4) Absurde

Le raisonnement par l’absurde

pour montrer P    QP \implies Q repose sur le principe suivant :
on suppose à la fois que PP est vraie et que QQ est fausse et on cherche une contradiction.
Ainsi, si PP est vraie, alors QQ doit être vraie et donc P    QP \implies Q est vraie.

Exemple

Soient a,b0a, b \ge 0. Montrer que si a1+b=b1+a\frac{a}{1+b} = \frac{b}{1+a}, alors a=ba = b.

Solution

Nous raisonnons par l’absurde en supposant que a1+b=b1+a\frac{a}{1+b} = \frac{b}{1+a} et aba \neq b.

Comme a1+b=b1+a\frac{a}{1+b} = \frac{b}{1+a},

alors a(1+a)=b(1+b)a(1+a) = b(1+b).

Donc a+a2=b+b2a + a^2 = b + b^2 d’où a2b2=baa^2 - b^2 = b - a.

Cela conduit à (ab)(a+b)=(ab)(a - b)(a + b) = -(a - b).

Comme aba \neq b, alors ab0a - b \neq 0 et donc en divisant par aba - b, on obtient a+b=1a + b = -1.

La somme des deux nombres positifs aa et bb ne peut être négative.

Nous obtenons une contradiction.

Conclusion : Si a1+b=b1+a\frac{a}{1+b} = \frac{b}{1+a}, alors a=ba = b.

5) Raisonnement par équivalence

Le raisonnement par équivalence repose sur le principe suivant : pour montrer que PP est vrai, on montre que P    QP \iff Q est vrai et QQ est vrai, donc on déduit que PP est vrai.

Exemple

Montrer que : (x,y)R22x2+xy+y2xy\forall(x, y) \in \mathbb{R}^2 \quad 2\sqrt{x^2 + xy + y^2} \ge |x - y|

Solution

Soit x,yRx, y \in \mathbb{R}, on a :

2x2+xy+y2xy    (2x2+xy+y2)2xy2    4(x2+xy+y2)x22xy+y2    3x2+3y2+6xy0    x2+2xy+y20    (x+y)20\begin{align*} &2\sqrt{x^2 + xy + y^2} \ge |x - y| \\ & \iff \left( 2\sqrt{x^2 + xy + y^2} \right)^2 \ge |x - y|^2 \\ & \iff 4(x^2 + xy + y^2) \ge x^2 - 2xy + y^2\\ &\iff 3x^2 + 3y^2 + 6xy \ge 0 \\ &\iff x^2 + 2xy + y^2 \ge 0 \\ &\iff (x + y)^2 \ge 0 \end{align*}

On sait que (x+y)20(x + y)^2 \ge 0 (vrai).\hspace{1cm}(vrai).

Donc, (x,y)R22x2+xy+y2xy\forall(x, y) \in \mathbb{R}^2 \quad 2\sqrt{x^2 + xy + y^2} \ge |x - y|.

6) Récurrence

Soit n0N  n_0 \in \mathbb{N}~~ fixé.

Le principe de récurrence permet de montrer qu’une fonction propositionnelle P(n)P(n), dépendant de nn, est vraie pour tout nn0n \ge n_0.

La démonstration par récurrence se déroule en trois étapes :

  • Initialisation : on prouve que P(n0)P(n_0) est vraie.
  • Hérédité : on suppose nn0n \ge n_0 donné avec P(n)P(n) vraie, et on démontre alors que l’assertion P(n+1)P(n+1) au rang suivant est vraie.
  • Conclusion : on rappelle que par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \ge n_0.

Exemple

Montrer que pour tout nNn \in \mathbb{N}, 2n>n2^n > n.

Solution

Pour n0n \ge 0, notons P(n)P(n) l’assertion suivante : 2n>n2^n > n.

Nous allons démontrer par récurrence que P(n)P(n) est vraie pour tout n0n \ge 0.

  • Initialisation :
    Pour n=0n = 0, nous avons 20=1>02^0 = 1 > 0. Donc P(0)P(0) est vraie.

  • Hérédité :
    Fixons n0n \ge 0. Supposons que P(n)P(n) soit vraie. Nous allons montrer que P(n+1)P(n+1) est vraie.

    2n+1=2n21=22n=2n+2n>n+2n2^{n+1} = 2^n \cdot 2^1 = 2 \cdot 2^n = 2^n + 2^n > n + 2^n
      car par P(n), nous savons 2n>n,~\quad \text{ car par } P(n), \text{ nous savons } 2^n > n,
    >n+1car 2n1.> n + 1 \quad \text{car } 2^n \ge 1.

    Donc P(n+1)P(n+1) est vraie.

  • Conclusion :
    Par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout n0n \ge 0, c’est-à-dire 2n>n2^n > n pour tout n0n \ge 0.

III. Exercices

Voir la série des exercices sur le lien :

Exercices logique